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Montagnes Magazine : chronique d'un sabordage

Publié le par leïla shahshahani

Depuis début janvier 2010, les salariés des éditions Nivéales, dont je fais partie, ont appris que la société était entrée en procédure de sauvegarde. Les directeurs viennent de prendre une série de mesures décapitant plusieurs magazines, dont les plus rentables de la société.

Tous les postes de rédacteurs en chefs sont supprimés, et seuls trois "directeurs de pôles" sont censés assurer la parution de l'ensemble des 12 titres de la société. Il règne d'ailleurs un flou absolu concernant la future direction du "pôle montagne". Le tout sans une once de dialogue social et avec le refus de procéder à des départs volontaires souhaités par certains.

La direction des éditions Nivéales semble naviguer totalement à vue, et enchaîne les décisions insensées.

L'équipe de Montagnes Magazine refuse de rester silencieuse et publie le communiqué suivant :

 

Chronique d’un sabordage à Montagnes Magazine

 

Depuis plusieurs années, la rédaction de Montagnes Magazine fait tout son possible pour préserver la qualité de ce titre de référence dans la presse montagne, tandis que les dirigeants de la société Nivéales ne cessent de limiter ses moyens.

 

La dégradation des conditions de travail, les retards de payement de nombreux collaborateurs, et la multiplication des ardoises sont devenus d’autant plus injustes et incompréhensibles que notre titre a su garder la confiance de ses lecteurs et des ventes pérennes dans l’univers très dégradé de la presse. Notre magazine réalise les meilleures ventes en kiosques des éditions Nivéales, dont il reste de loin le titre le plus rentable. Sa contribution (recettes moins les charges) moyenne annuelle à la prospérité de l’entreprise représente plus de deux fois la masse salariale de la rédaction et quatre fois le meilleur bénéfice annuel de la société ces cinq dernières années.

 

Traversant des difficultés financières sérieuses suite à des investissements hasardeux dans des opérations de prestige se traduisant en fiasco, les dirigeants de la société Nivéales, Jean-Pierre Roger et Pascal Maltherre, ont décidé d’en demander encore un peu plus à la « vache à lait », quitte à la faire mourir. C’est ainsi que notre rédacteur en chef se voit convoqué pour un licenciement à « motif économique », sans remplacement, et que notre secrétaire de rédaction se voit sommer d’accepter 63% de travail en plus !

 

            Cette réorganisation brutale réalisée sans le moindre dialogue social va porter atteinte à la qualité éditoriale de notre magazine et traduit un profond mépris de nos lecteurs et du métier de journaliste. Elle s’inscrit dans une logique d’élimination des représentants du personnel. Parmi les quatre rédacteurs en chef que l'on projette de licencier, deux sont des élus du comité d’entreprise. Ils sont aussi les animateurs des titres les plus rentables de la société…

 

La rédaction ne peut plus rester silencieuse face à ce sabordage de Montagnes Magazine, car nous pensons qu’il n’y a pas d’avenir pour la presse sans un journalisme de qualité.

 

 

À Grenoble, le 8 avril 2010.

 

La rédaction de Montagnes Magazine :

Philippe Descamps, Brigitte Luttiau, Olivier Moret, Manu Rivaud, Leïla Shahshahani.

 

Commenter cet article
J
<br /> <br /> J'ai un lointain souvenir d'une discution dans les bureaux, durant la belle époque. Un rédacteur avait eu le malheur de se prononcer sur la legislation du travail et le statut des pigistes. La<br /> réaction fut immédiate, bien que le qualificatif de "bolchevique" appartienne au passé, le redacteur été éstampillé bolchevique haut et fort. Tout le monde riait jaune, mais riait. la compassion<br /> pour l'ultra-libéralisme de la droite dure était de rigueur. Nixon, lindon johnson, bush était déja des exemples chez nivéal et la guerre une trés bonne chose. Tous les malheurs venait de la<br /> gauche. J'avais l'impréssion de bosser avec des paranos. Les communistes allaient probablement attaquer la rédaction. Je vous souhaite bonne chance, la prochaine fois que vous assisterez à des<br /> dérives idéologiques dans une rédaction, réagissez. Vous remarquerez que je conserve l'anonymat, c'est un signe dans le métier!!!<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Que peuvent faire les lecteurs ?<br /> <br /> <br /> Amitiés  alpines<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> bon courage à vous!<br /> <br /> <br /> sporticment<br /> <br /> <br /> <br />
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