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Les riches doivent gagner moins, c'est pas moi qui le dit

Publié le par leïla shahshahani

Ce mois ci, le mensuel Alternatives Economiques aborde la question de la rémunération des plus riches avec son dossier "Pourquoi les riches doivent gagner moins". Une question qui me taraude à intervalles réguliers, j'avoue. Une société qui tolère sans broncher des écarts aussi monstrueux au nom de la soi-disant "loi du marché", surtout quand le bas de l'échelle rame dans une véritable galère, file forcément un mauvais coton. Je n'accepte pas l'idée qu'il faille simplement s'en remettre à la "fatalité" du marché.


"... Tous (les riches), font peu ou prou reposer la justification de leurs revenus sur la revendication d'un mérite ou d'un talent qui ne devrait rien ni aux collectifs de travail qui les entourent ni à la société qui a pourvu à leur éducation, à leur santé, et finalement à leur succès" (Thierry Pech, "Comment les riches ont largué les amarres", Alternatives économiques, mai 2010).


Et si demain nous décidions tous d'être des "traders" ou de grands patrons d'entreprises, puisqu'après tout, ça rapporte ? Fini les profs, fini les aides-soignantes, fini les spectacles de danse...Ca fait rêver, non ?


"Les patrons des grandes entreprises... mesurent leurs rémunérations à la lumière de leurs homologues américains ou britanniques, et ils apprécient celles de leurs employés à l'aune du coût du travail chinois" (Thierry Pech, "Comment les riches ont largué les amarres"). Question de point de vue, après tout...


Dans l'idéal, et avec ma piètre connaissance des rouages de l'économie, le plus simple serait que les super riches ne touchent pas leurs sommes "méritées". Ainsi, ils n'auraient pas l'impression qu'elles leur sont "volées" à l'heure de remplir la déclaration d'impôts. Mais, paraît-il, il est difficile de mettre en place un salaire "maximum". D'autant qu'"une grande partie des revenus des patrons des grandes entreprises ne prend plus la forme de salaire... : leurs performances s'évaluent désormais à l'aune du cours de Bourse ou de la valeur de marché de l'entreprise, sans que personne ne puisse dire sérieusement quelle est la part de leur mérite ou de leurs errements en la matière" (Thierry Pech, "Comment les riches ont largué les amarres").


En l'absence de revenu maximum, il faut envisager d'autres mesures pour assurer un minimum de redistribution sociale : "Supprimer le bouclier fiscal, rehausser sensiblement le taux marginal de l'impôt pour les tranches supérieures et rétablir une fiscalité significative sur la transmission des gros patrimoines". (Thierry Pech, "Comment les riches ont largué les amarres").


Va-t-on ruiner les riches ? "Le taux d'imposition sur le revenu des plus riches est très loin d'être confiscatoire, comme certains se plaisent à le dire. Selon l'étude de l'Insee, il est en moyenne de 20% pour les 10% les plus favorisés, et n'atteint que 25% pour ceux qui perçoivent plus de 82 000 euros mensuels... Loin, très loin du bouclier fiscal de 50% qui ne concerne, lui, qu'une poignée de contribuables" (Louis Maurin, "Des riches de plus en plus riches", Alternatives économiques, mai 2010).


PS : Si je vous dis que footballeur Thierry Henry touche, selon le tableau d'Alternatives économiques "Sur une autre planète", la somme de 18 800 000 euros par an, ça vous parle ? Soit l'équivalent de... 999 années de Smic. Là ça devrait vous parler davantage...

L'intégralité du dossier est à lire dans le numéro d'Alternatives économiques de mai 2010
:

"Comment les riches ont largué les amarres" par Thierry Pech, "Des riches de plus en plus riches" par Louis Maurin et "Les mauvaises justifications du toujours plus" par Denis Clerc.

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G
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> C'est ainsi que j'ai découvert Alternatives Économiques ; merci. Le dossier est effectivement très intéressant, ainsi que d'autres articles dans le même numéro (le problème des<br /> retraites, entre autre). Parfois je me demande ce que l'on attend pour descendre dans la rue, massivement ; encore que, après y avoir passé tout l'hiver et le printemps dernier (je suis<br /> universitaire), pour une absence totale de résultat, je me demande si on est encore bien en démocratie...<br /> <br /> <br /> <br />
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