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Lecture: "Comment les riches détruisent la planète"

Publié le par leïla shahshahani

Comment les riches détruisent la planète
D’Hervé Kempf
Editions du Seuil, janvier 2007

Hervé Kempf est aujourd’hui journaliste au quotidien Le Monde. Il est spécialiste des questions liées à l’environnement (changement climatique, nucléaire, biodiversité, OGM).

Ca se lit vite et facilement, quitte à passer sur quelques analyses plus pointues si l’attention faiblit un peu… C’est assez décapant, et ça devrait être mis entre les mains de tous les esprits naïfs. Non nos élites ne font pas du mieux qu'elles peuvent en matière d'environnement. Elles font même extacement l'inverse. « Une classe dirigeante prédatrice et cupide… fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment », écrit Hervé Kempf.
Pas question pour cette élite de remettre en question son mode de vie basée sur une consommation effrénée, ostentatoire, quitte à "affaiblir l'esprit et les formes de la démocratie, c'est-à-dire la libre discussion des choix collectifs..." (P.93). « Que pourrions-nous aujourd’hui avoir du mal à croire ? Ceci : l’oligarchie mondiale veut se débarrasser de la démocratie et des libertés publiques qui en constituent la substance ». (P. 93). C'est en effet la thèse défendue par Hervé Kempf dans cet ouvrage.

Ce livre prêchera aussi le convaincu en lui apportant quelques arguments complémentaires et en rappelant le lien indissociable entre crise sociale et crise écologique. « On ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante ». A mesure qu’on avance dans les chapitres, on se demande comment l’auteur pourrait éviter, au terme de sa démonstration, la remise en cause du principe même de la croissance. C’est chose faite, p 90. « La question n’est pas de faire la croissance zéro, mais d’aller vers la décroissance matérielle ».

Le constat est alarmant et laisse peu de place à l’optimisme. A raison, sans doute. Dans son dernier chapitre, l’auteur tente en 23 lignes de sortir le lecteur de son angoisse, commençant par « Et pourtant, soyons optimistes ». Je doute qu’il en soit lui-même convaincu. Ou ne serait-ce qu’une façon de finir sur une touche un peu plus « politiquement correcte » ?

Plutôt que de paraphraser l’auteur, voici quelques morceaux tirés de l’ouvrage, pour donner envie d’aller plus loin et de lire ce petit livre qui chiffonne :

« Le comportement de l’oligarchie ne conduit pas seulement à l’approfondissement des crises. Face à la contestation de ses privilèges, à l’inquiétude écologiste, à la crise du libéralisme économique, il affaiblit les libertés publiques et l’esprit de la démocratie ». (P.10)

« Personne ne peut croire sérieusement que la célébration du développement durable, qui se traduit par le mitage des paysages par les éoliennes, la relance du nucléaire, la culture des biocarburants, l’investissement socialement responsable, et autres démarches des lobbies en quête de nouveaux marchés, puisse ne serait-ce qu’infléchir le cours des choses. Le développement durable est une arme sémantique pour évacuer le gros mot écologie. » (P.32-33)

« L’argent n’est plus caché : il faut au contraire l’exhiber ». (P. 73)

« Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie capitaliste ne sait plus que s’autocélébrer. Toutes les sphères du pouvoir et d’influence sont avalées par son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule fin à poursuivre pour infléchir la fatalité de l’injustice, c’est d’accroître toujours plus la richesse ». (P.74)

« Les néo-démocrates disposent de techniques de contrôle social dont les despotes du passé n’auraient pas osé rêver » (P.104).
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